Interview croisée: Les trois compères d’Archemics

7th Dec 2018 Chemicals

Trois hommes, trois parcours, mais avec tous quelque chose en commun. Comptant chacun plus de 35 années passées chez Archemics, ces hommes font partie des plus anciens employés de l’entreprise et ont été présents depuis le tout début de l’aventure. Patrice Chinapen, Dharamraj Ujoodha et Ernest Prudence nous confient la fierté d’appartenir à une entité qui est devenue, au fil du temps, une deuxième famille.

Connexion : Racontez-nous votre parcours au sein d’Archemics, de votre poste d’entrée à celui aujourd’hui?

DHARAMRAJ UJOODHA : J’ai débuté en 1982 comme ‘Factory Attendant’ chez Fapcom, une filiale d’Harel Mallac qui se spécialisait dans la production et la vente de peinture Smart. Cette usine est devenue Henkel Chemicals en 1983 et rebaptisée Archemics en 2008. À cette époque, nous étions basés à Solitude et la compagnie employait environ une quarantaine d’employés. J’ai toujours été très dévoué à mon travail et après deux ans, j’ai été promu Messenger-Driver en 1984. Depuis ce jour, j’occupe encore ce poste en plus d’avoir énormément appris du point de vue relationnel, car je m’occupe aussi de la réception.

ERNEST PRUDENCE : Mon aventure au sein de cette compagnie est une histoire extraordinaire qui me procure toujours énormément de bonheur. En 1981, j’essayais de trouver du travail comme je pouvais et j’étais remplaçant au moulin de Solitude où j’aidais à broyer la canne à sucre. Un mercredi d’octobre, on m’annonce que je recevrais ma feuille de route le vendredi suivant et que je devrais aller chercher du travail ailleurs. Dans la même localité, l’usine de Fapcom commençait à s’implanter avec environ 40 employés et elle était dirigée par un certain Guy Harel. N’ayant rien à perdre, je me suis décidé à aller le voir pour lui demander s’il aurait du travail pour moi. Il m’a accueilli et le jour même je suis retourné à cette usine, au sein de laquelle j’avais le pressentiment que j’allais faire carrière. Certains diraient que c’était le destin !

À l’époque, le concept du profil professionnel n’existait pas et j’ai commencé comme cleaner [rire]. En fait, je faisais tout et j’aidais ceux qui me sollicitaient, toujours avec énormément de fierté. Peu de temps après, je suis devenu responsable de l’entrepôt des produits de base et, deux ans plus tard, j’ai été promu comme Messenger-Driver. En 1999, je deviens Messenger-Driver chez Henkel, qui deviendra plus tard Archemics Ltd.

PATRICE CHINAPEN : C’est en 1983 que je frappe à la porte de Henkel Chemicals, filiale de l’usine Fapcom. Au fait, mon histoire commence en même temps, voir le même jour que cette compagnie. Je ne sais pas si c’est un heureux hasard, mais mon premier jour de travail est aussi la date de l’incorporation d’Henkel Chemicals. Inutile de vous dire qu’en 1983, Henkel Mauritius ne comptait qu’un seul employé et il vous parle, à l’instant [Rire]... 

Mon aventure a commencé le jour de mon entretien d’embauche où l’on m’a donné le dossier d’un nouveau projet qui était en voie de développement et qui n’avait pas encore vu le jour. En tant que Technical Sales Representative, on m’a attribué la responsabilité de faire un bilan du potentiel, incluant le développement et la viabilité du projet Henkel Chemicals Limited (Mauritius). Depuis le lancement et la mise en activité de cette boîte, j’ai continué à apprendre et à occuper plusieurs fonctions, telles que Sales Manager du département de colle industrielle et commerciale, pour ensuite devenir Head of Operations. Quand Henkel Mauritius vend ses parts à Harel Mallac en 2007, je deviens Production Manager du Chemical Arm du groupe. Et ce n’était que le début, car en 2012, j’ai été promu Product Development & Purchasing Manager et en 2014, je deviens responsable du Marketing Intelligence & Customer Service pour ce même département. C’est en 2015 que je reviens à Archemics, cette fois, comme Manager.

Connexion : Étant les plus anciens du groupe, Archemics est peut-être devenu une sorte de famille d’accueil pour vous. Que représente cette entreprise à vos yeux?

DU : Je dirai plutôt ma famille tout court plutôt qu’une famille d’accueil. Mon aventure au sein du groupe a été une très belle expérience où j’ai eu la chance d’apprendre tellement de choses et de connaître des personnes qui me sont chères aujourd’hui. Guy Harel a cru en mes capacités et j’ai été formé comme chauffeur alors qu’au début je ne connaissais pas grand-chose, pas même les routes ! [Rire]. Grâce au soutien du groupe, j’ai eu la chance de suivre plusieurs cours tels que des cours de secrétariat, des formations sur les produits et finalement une formation en matière de relationnel. Archemics, c’est ma famille et je suis fier d’y appartenir.

Après toutes ces années, mon plus beau souvenir reste le jour où Guy Harel me ramena chez moi, à Archemics en 1999. En effet, en 1991 et après le lancement de Mauvilac et ainsi la fermeture de Fapcom, plusieurs des employés avaient été transférés à Mauvilac. Depuis, je profite des moments présents, entouré de mes collègues, avec qui je partage mon quotidien.

EP : Pour moi, Harel Mallac, c’est une grande histoire de rencontre et d’apprentissage. Archemics représente beaucoup à mes yeux et c’est comme ma deuxième maison. Il faut dire que je passe plus de temps ici qu’à la maison et je suis totalement dévoué à cette entreprise. Je suis ici chez moi et je veux être quelqu’un sur qui l’on peut compter. Et c’est normal, car le groupe m’a permis d’évoluer et de m’adapter à toutes les diverses fonctions que j’ai assumées. D’ailleurs, ma plus grande fierté est d’avoir gravi les échelons jusqu’à pouvoir interagir avec les clients et d’assurer leur entière satisfaction.

Un de mes meilleurs souvenirs est le jour où l’on m’a choisi pour représenter un de nos produits dans notre catalogue. Cela date de 1985 pour être exact, mais ce jour est resté gravé dans ma mémoire. Je n’aurais pas pu être plus fier de voir ma photo et du fait qu’on m’avait choisi pour être le porte-étendard de notre produit phare : la peinture. »

PC : Cela fait plus de 35 ans que je fais partie de cette équipe et cela ne m’a jamais semblé être du travail. Certes, on bosse dur, mais on prend énormément de plaisir à faire ce que l’on fait. J’ai grandi en parallèle à Henkel et grâce à l’industrialisation des années 80, nous avons évolué ensemble. Ici, je suis parmi les miens.

Mon meilleur souvenir remonte au jour où Guy Harel et moi-même sommes partis convaincre le groupe allemand Henkel de nous allouer le contrat de fabrication du produit Le Chat » à Maurice. Face à des Allemands si sérieux et rigides, nous avons vendu notre pitch sans trop y croire. À la fin, je les ai entendus dire Let’s call it a deal! Comme nous avions déjà été formés au sein de Henkel Mauritius, nous partagions un peu le même ADN que la compagnie allemande. Cela fut donc facile de représenter la marque comme ils le faisaient. Ils nous ont fait confiance et l’on s’est lancé dans cette nouvelle aventure qui s’est avérée plus que prospère.

Pour la petite histoire, le bâtiment qu’occupe aujourd’hui Archemics appartenait auparavant à l’un de nos plus gros clients, une compagnie suisse à qui on vendait de la colle pour la fabrication des montres-bracelets. Après la fermeture de cette usine, nous avons racheté le local et nous y sommes depuis. Cela me fait toujours rire, mais, à l’époque, on me surnommait « Monsieur La Colle » !

Connexion : Les choses ont bien changé depuis le début de votre carrière, qu’est-ce qui vous a le plus marqué? Et Archemics dans, encore 35 ans?

DU : Depuis 1982 jusqu’à maintenant, il y a eu beaucoup de changements. À l’époque, nous travaillions manuellement, car il n’y avait pas d’équipements. Désormais, les machines nous ont apporté énormément de facilité, y compris de la sécurité grâce au département de Health and Safety qui assure notre protection et notre bien-être.

Pour le futur, j’espère que cette entreprise préservera les mêmes valeurs qui font d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Qu’elle continue de donner une chance à tout le monde, de croire dans les valeurs humaines et de nous propulser vers un avenir meilleur.

Nous avons les mêmes valeurs et c’est pour cela que j’ai beaucoup de fierté de faire partie de l’équipe d’Archemics.

EP :  Ces 35 dernières années sont passées très vite et cela veut tout dire. Quand je suis arrivé ici, je n’étais qu’un jeune garçon. Harel Mallac m’a formé et m’a donné énormément de facilités et j’en ressors comme un homme accompli et heureux de mes choix.

Je souhaite qu’Archemics continue de garder toujours à cœur l’entente et la considération entre tous les employés. Je n’ai jamais ressenti de différence ou de hiérarchie au sein de cette entreprise. Ici, tout le monde a sa chance et l’avenir y est assuré ! Je souhaite aussi qu’elle continue à contribuer au développement de la région et à donner leur chance aux jeunes.

L’union fait la force et grâce à Archemics, j’y crois d’autant plus fort.

PC : Le relationnel fait partie intégrante de l’ADN d’Archemics et c’est aussi ce qui fait son succès. Dans les années 80, on était les premiers à faire du relationnel et c’est Henkel qui nous avait formés pour cela. Il ne faudrait pas qu’on perde cet atout, car c’est ce qui nous a toujours démarqués des autres et qui nous démarque encore aujourd’hui. Mon travail a toujours été plus que de la vente à mes yeux. Je m’intéressais sincèrement à mes clients, à ce qu’ils aimaient, le foot ou les courses hippiques, et surtout à ce qu’ils n’aimaient pas. Ayant pris ma retraite cette année et ayant laissé un morceau de mon cœur, je souhaite à Archemics de toujours continuer dans cette voie, de valoriser l’humain et les relations humaines.

Connexion : Après tout ce temps, vous partagez certainement des valeurs communes avec Archemics. Lesquelles?

DU : Après 35 ans passés ensemble, ce serait impossible de ne pas voir la vie de la même façon ! Nous avons les mêmes valeurs et c’est pour cela que j’ai beaucoup de fierté de faire partie de l’équipe d’Archemics. Les valeurs comme le respect de l’autre, la collaboration et la solidarité entre mes collègues sont la clé de voûte de cette entreprise. Et finalement, le dialogue, car sans communication on ne peut faire que très peu de choses.

EP : L’union fait la force et grâce à Archemics, j’y crois d’autant plus fort. Le respect et la solidarité sont les piliers de cette boîte, sans oublier les valeurs humaines, car elles nous ont appris à croire en nous. Sans cela, je n’aurais peut-être pas eu le courage de vous parler aujourd’hui !

Ayant pris ma retraite cette année et ayant laissé un morceau de mon cœur, je souhaite à Archemics de toujours continuer dans cette voie, de valoriser l’humain et les relations humaines.

PC : Comme mes collègues, je dirai sans hésiter le respect et la collaboration. Ici, il y a toujours eu un open-door policy et ce, à n’importe quel niveau. Cela encourage non seulement le dialogue et l’entraide, mais nous donne surtout une vision globale de notre avenir ensemble.

Connexion : Les jeunes de nos jours vivent une autre réalité surtout lorsqu’il s’agit de dédier autant d’années à une entreprise. Qu’en dites-vous? Avez-vous un mot d’encouragement pour les jeunes qui entament leur carrière?

DU : La vie est bien différente aujourd’hui et les jeunes n’ont pas forcément la même persévérance qu’autrefois. Même si certains partent, il y en a d’autres qui restent et je leur dirai d’être à l’écoute, de faire preuve de respect et finalement de savoir communiquer.

EP : Les multitudes de choix compliquent certainement la vie des jeunes d’aujourd’hui et je crois personnellement qu’il faut les aider à trouver leur voie. Je le fais et des fois cela porte ses fruits, mais, d’autres fois, ça ne marche pas. Ce n’est pas grave, car je continuerai à le faire.

PC : C’est clair que les aspirations et les attentes des jeunes ont bien changé. Il n’y a plus ce sens d’appartenance qu’il y avait autrefois et les choses doivent bouger très vite. Par exemple, moi, j’ai été éduqué à être loyal et fidèle. Au cours de ma carrière, j’ai eu pas mal d’occasions ailleurs, mais je suis toujours resté dans ma famille car, ici, I feel good ! Je leur dirai d’être patients, de persévérer, car tout se construit avec le temps. On peut avoir des diplômes universitaires, mais le vrai métier s’apprend réellement au fil des années. Il faut impérativement vivre l’expérience que le travail nous offre pour vraiment en bénéficier.